Commentaire de Fratelli Tutti par Roger Labbé, prêtre

Commentaire de la lettre encyclique du pape François sur la solidarité et l’amitié sociale

Chapitre 1. Les ombres d’un monde fermé 

Au sujet des tendances qui entravent la promotion de la fraternité universelle : « La société nous rapproche, mais elle ne fait pas de nous des frères. »

Ombres : désespoir, méfiance, polarisations, marginalisation, inégalités, affaiblissement des valeurs spirituelles. Aujourd’hui, les mots liberté, justice, démocratie, unité sont instrumentalisés.

Face à cela, le pape propose que « la voie à suivre [soit] la proximité et la culture de la rencontre ».

Chapitre 2. Un étranger sur le chemin

Au sujet de la parabole du bon samaritain : à qui t’identifies-tu? Les brigands, ceux qui passent outre sans compatir, ou celui qui est abandonné et blessé? QUI EST TON PROCHAIN?

« Jésus ne nous invite pas à nous demander qui est proche de nous, mais à nous faire proche. » Un appel à être des parties prenantes de la réhabilitation des sociétés blessées. Aujourd’hui, l’histoire du bon samaritain se répète : vas-tu passer outre ou faire halte? Il importe peu à l’amour que le frère ou la sœur soit d’ici ou de là-bas : l’amour brise les chaînes et jette des ponts.

Chapitre 3. Penser et gérer un monde ouvert

Jésus disait : « Vous êtes tous frères » Mt 23, 8

L’appel à la fraternité universelle implique l’ouverture. L’être humain atteint sa plénitude en se donnant aux autres. Il y a accueil et intégration des périphéries, amour sans frontières. Promouvoir le bien signifie promouvoir les valeurs qui mènent au développement humain intégral.

Penser communauté, lutte contre cause de la pauvreté et des inégalités, exiger un état actif en faveur des personnes fragiles où personne n’est exclu; une paix durable à partir de la solidarité et du service. Toute personne est précieuse et a le droit de vivre dans la dignité.

Chapitre 4. Un cœur ouvert au monde

Quelles sont les mesures permettant d’œuvrer à la fraternité universelle?

  1. Accueil et intégration des personnes migrantes et marginalisées.
  2. Nous nous sauvons tous, ou personne ne se sauve.
  3. Un ordre juridique, politique et économique qui tend à la solidarité de tous les peuples.

« La vraie qualité des pays du monde se mesure par la capacité de penser comme famille humaine. Dieu donne toujours gratuitement. » Toute culture saine est ouverte et accueillante.

Chapitre 5. La meilleure politique

« L’amour, selon l’enseignement du Christ, est la synthèse de toute la loi » selon Mt 22, 36-40.

En quoi consiste une bonne politique? En la mise au service du bien commun; elle ne cherche pas uniquement des votes, elle assure à chacun une voie pour l’épanouissement personnel, elle promeut une économie qui favorise la diversité productive et la créativité entrepreneuriale; elle offre une réflexion avec des vues larges incluant le dialogue interdisciplinaire.

« La charité sociale nous fait aimer le bien commun… ». « Si tu réussis à aider une seule personne à vivre mieux, cela justifie le don de ta vie ».

Chapitre 6. Dialogue et amitié sociale

On peut apprendre quelque chose de chacun; personne n’est inutile; personne n’est superflu.

Attitudes ou actions qui sont des obstacles au dialogue : l’agressivité sur les réseaux sociaux, les monologues qui ne s’arrêtent pas pour écouter l’autre, la disqualification spontanée et humiliante.

« Le dialogue social authentique suppose la capacité de respecter le point de vue de l’autre ».

Chapitre 7. Des parcours pour se retrouver

Des chemins qui mènent à la paix : un projet commun qui n’élimine personne; une reconstruction de la dignité de la personne; choisir une option pour les pauvres, les exclus; revaloriser et comprendre le sens du pardon.

« Pardonner 70 fois 7 fois » Mt 18, 22

« Je demande à Dieu de préparer nos cœurs à la rencontre de nos frères au-delà des différences d’idées, de langues, de cultures, de religions »

Chapitre 8. Les religions au service de la fraternité dans le monde

C’est seulement avec une conscience d’être fils et filles que nous pouvons vivre en paix avec les autres.

Un cheminement de paix entre les religions : regard de Dieu (avec le cœur); aucune violence; culte de Dieu dans le respect de la vie, de la dignité, et de la liberté.

L’Église est une maison qui a les portes ouvertes, car elle est mère. Elle établit des ponts, abat les murs et sème la réconciliation.

Les chefs religieux sont appelés à être de véritables personnes de dialogue en œuvrant à la construction de la paix comme d’authentiques médiateurs.